Moment solennel et angoissant, me voici donc devant ma partition feuille blanche.
La digiplume est encore froide mais elle ne demande qu’à se coucher sur la feuille numérique…
C’était la minute technolyrique.
Ce premier billet est l’occasion d’aborder les fondements de mon métier et de vous encourager, chers lectrices et lecteurs, à ne pas sonner comme les autres, mais à valoriser votre identité en trouvant votre propre “voix”.
Je sais, vous vous dites “Paul Ifauny est comique.”
Petite Londonienne cherche… à se faire entendre
Prenons l’exemple de cette entreprise anglaise (dont je cacherai le nom) qui m’appela en pleurs, un soir pluvieux de novembre :
_”Professor Pauly, please, help me…”
_”Ok !” …Oui, je suis bilingue.
_”Look, mon portefeuille clients n’est pas bien garni. Pourtant j’appelle pour dire que j’existe, je vais les voir, mais… c’est comme s’il ne me voyait pas.”
Alala Darling, si vous saviez le nombre de sociétés souffrant des mêmes maux…
De jolis arguments, mais qui ne sont pas mis en valeur
La petite agence (deux personnes) avait opté pour un secteur niche plutôt sympa et malin à mon sens. Et pas qu’au mien puisque d’autres sociétés s’affrontent sur ce marché.
Mais, en lisant le brief et en prenant en compte nos échanges par mail, deux choses m’ont rapidement frappées :
_ la première est que cette équipe ne se mettait pas en lumière : il n’y avait jusqu’alors pas de réelle stratégie de communication et un manque qualitatif et quantitatif tant d’un point de vue visuel qu’audio.
_deuxièmement, comme de nombreuses petites structures, elle n’avait pas pris le temps d’une réelle réflexion sur son identité de marque, incluant sa culture d’entreprise, ses services, son histoire, son environnement, sa manière de travailler avec ses clients…
_Bon, jamais deux sans trois, donc troisièmement : sa démarche n’était pas de se différencier, mais d’être sur la même ligne que les autres : ”tiens j’ai entendu ça à la radio et sur le web. J’aime bien et je veux sonner pareil !”
“Sonner pareil”… “sonner pareil”… No, no, no I di-sa-gree !
Vous êtes beaux et cela s’entend !
Pour ce qui concerne notre agence Londonienne, mon discours était orienté “pédagogique” :
1) On peut aimer une chanson, cela ne veut pas nécessairement dire qu’elle est notre reflet ! Et puis, c’est un peu comme prendre une magnifique robe taille 44, quand on fait du 36…
2) Ressembler à une chanson qui est déjà diffusée dans le grand public, c’est, au mieux, ne pas se faire remarquer négativement par ses partenaires. Au pire, on passe complètement inaperçu, puisqu’on ne différencie pas la marque de la musique. C’est également un choix à très court terme (le temps d’une chanson en vogue) qui n’entre pas dans une volonté de fidéliser sa clientèle.
Bref, ça peut être joli, mais ce n’est pas nécessairement efficace d’un point de vue stratégique !
Enfin 3) Il faut savoir faire la part des choses entre ses goûts persos et les objectifs de son entreprise. Et oui… parfois, on peut avoir de mauvais goûts ! Je conseille même de ne pas utiliser de musique, plutôt que de faire un mauvais choix.
Choisir, créer, expliquer, guider… c’est mon métier !
Mais pas que : c’est également donner du relief une structure. Enfin, c’est beaucoup d’écoute et de compréhension. Ainsi je prends en compte les goûts (un peu), la culture, l’environnement et les stratégies (beaucoup) de mes partenaires, pour, au final, exprimer ces choses indicibles qui font la différence.
Si vous croyez en votre entreprise, en sa culture, ses services, en la qualité de ses collaborateurs, alors mettez-la en lumière en créant un son qui lui est propre et qui lui ressemble :
Une musique “sur-mesure” !
